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日志


11月26日

Grand Corps Malade à Limoges

Je suis allée voir Grand Corps Malade  hier soir au théâtre à Limoges! J' ai passé une soirée Superbe.

Il arrive sur scène, avec sa béquille en claudicant, tranquille, calme, grand, un polo, un jean et lance un grand "bonjour à Limoges!".

Accompagné de quatre musiciens tout aussi doués en musique, que lui, avec les mots et les rimes.

Il est très généreux,  il parle au public, il est joueur, mais reste toujours très posé, calme et de sa voix forte mais douce, il nous émeut avec  "Pères et Mères" .

Je suis touchée par le "merci" qu' il adresse à ses parents dans ce beau texte. Il leur en a fallu du courage à eux aussi lors de son tragique accident.

On s' amuse bien en écoutant "l' appartement " !

Un moment très fort également pour "le Blues de l' Instituteur", le public est très attentif, il tend l' oreille..des murmures admiratifs fusent devant tant d' agilité verbale que de sens et de vérité.

Une petite mise en scène avec ses musiciens pour lancer "Underground", ravit le public.

Le temps passe, la fin du concert approche, Grand Corps Malade quitte la scène après un répertoire déjà bien étoffé, mais les Limougeaux en redemandent, ils ne le lâchent pas , puis il revient sous les acclamations, nous sommes debout les bras levés,  cela a l'air de lui plaire, de le rendre heureux...peut-être même de lui faire du bien. Il nous offre alors en remerciement trois textes supplémentaires avec courage. On sent bien que rester debout pendant deux heures est une épreuve  physique, mais son mental de résistant l' aide à rester présent et à donner encore et encore!.

Voilà pour aujourd'hui, GCM m' a redonné l' envie de poursuivre ce blog, par contre, ce soir, je suis malade, j' ai une angine, de la fièvre et mal partout, mon mari me dit que je suis son "Petit Corps Malade"!

Bises à tous ceux qui liront ce billet.

6月9日

Avec eux (extrait) de GCM

On s'est connus à l'école, en colonie ou au sport.
On s'est jaugés, on s'est parlé, ces petits débuts qui valent de l'or.
La vie a fait qu'on s'est revu, l'envie a fait qu'on est resté
Ensemble autant qu'on a pu, sentant que ça allait nous booster.
On a su dès nos débuts qu'il y avait quelque chose de spécial
Mes lascars m'ont convaincu que leur présence était cruciale
Alors on se souffle dans l'dos pour se porter les uns les autres
On s'est compris sans même s'entendre chaque fois qu'on a commis des fautes
Et puis c'est en équipe qu'on a traversé les hivers
Et les étés ensoleillés, les barres de rires et les galères
Ils m'sont devenus indispensables, comme chaque histoire a ses héros
Ils sont devenus mes frangins, mes copains, mes héros.
On forme un bloc ou l'intégrité s'pratique pas à moitié
Et je reste entier aussi parce qu'ils m'ont jamais diminué.
...
Avec eux j'ai moins de faille, avec eux je me sens de taille
Avec eux rien que ça taille, ça tient chaud quand il caille.
Avec eux j'ai moins de faille, avec eux je me sens de taille
Bien posés sur les rails, on a la dalle et on graille
L'amitié c'est une autoroute avec de belles destinations
Elles sont toutes bien indiquées et ça devient vite une addiction
Ca ressemble un peu à l'amour en moins dur, je vais m'expliquer
C'est plus serein, moins pulsionnel donc forcément moins compliqué.
Paraît que l'entourage ça change vachement quand t'as la cote
C'est pour ça que c'est rassurant d'évoluer avec ses potes
Notre dur labeur paye, on voit les portes qui s'entrouvent
Dorénavant, les phases, on les cherche plus on les trouve.
 
6月6日

"J'écris à l'oral" TEXTE (Extrait) de GCM

C'était un soir sans histoire, une fin de journée au destin sobre.
21 heures sans espoir, un mercredi d'octobre
Sur le macadam fatigué, trottoirs en pente, rue des Dames
Trés loin des drames agités, c'est ma première Soirée Slam
Des êtres humains dans un café sont regroupés pour s'écouter
Ils prennent la parole un par un et mes oreilles sont envoûtées
Des humains à égalité, chacun est libre de se lancer
Le principe est trés simple, encore fallait-il y penser
Je suis d'abord resté passif mais j'ai tout de suite rêvé d'action
Je suis d'abord resté pensif pour comprendre cette révélation
J'ai pris une avalanche de rimes et une cascade de thèmes
Si loin du star système, tu restes tard si t'aimes
Quelques instants aprés, j'ai déterré l'encrier
En créant sans prier pour hurler sans crier
Sans accroc, sans vriller, dans la voix l'encre y est
Pour recevoir sans briller et donner sans trier
le slam a giflé mon esprit puis libère les passions
Secouant mon envie créative restée en hibernation
A la recherche de ces ambiances dans tout Paris je vais zoner
C'est décidé ma voix est libre et son timbre va résonner ...
 
C'était un soir sans histoire, une fin de journée au destin sobre.
21 heures sans espoir, un mercredi d'octobre
J'ai entendu des voix qui touchent comme des chorales dans mon moral
Depuis j'ai de l'encre plein la bouche, depuis j'écris à l'oral.
 
(Grand Corps Malade)
 
 
 
6月5日

MENTAL (Extrait ) de GCM

"S'il y a bien une idée qui rassemble, une pensée qu'est pas toute neuve.

C'est que quel que soit ton parcours, tu rencontres de belles épreuves.

La vie c'est Mister Hyde, pas seulement Docteur Jekyll.

J'ai vu le film depuis longtemps, la vie n'est pas un long fleuve tranquille.

T'as qu'a voir les réactions d'un nouveau né à l'hôpital.

S'il chiale si fort c'est qu'il comprend que souvent la vie va lui faire mal.

Y'a des rires, y'a des pleurs, y'a des bas y'a des hauts.

Y'a des soleils et des orages et je te parle pas que de météo

On vit dans un labyrinthe et y'a des pièges à chaque virage

A nous de les esquiver et de pas calculer les mirages

Mais le destin est un farceur, on peut tomber à chaque instant

Pour l'affronter, faut du coeur et un mental de résistant

J'ai des cicatrices plein la peau et quelques unes dans mes souvenirs

Y'a des rescapés partout, j'suis qu'un exemple

Ca va sans dire

Ca doit se sentir, faut pas se mentir, la vie c'est aussi la guérison.

Aprés la foudre, prends toi en main et redessine ton horizon

Y'a des tempêtes sans visage où on doit se battre contre le pire..."

6月2日

(Il pleut doucement sur la ville)

Il pleure dans mon coeur
Comme il pleut sur la ville,
Quelle est cette langueur
Qui pénêtre mon coeur ?
 
O bruit doux de la pluie
Par terre et sur les toits !
Pour un coeur qui s'ennuie
O le chant de la pluie !
 
Il pleure sans raison
Dans ce coeur qui s'écoeure
Quoi nulle trahison ?
Ce deuil est sans raison
 
C'est bien la pire peine
De ne savoir pourquoi,
Sans amour et sans haine,
Mon coeur a tant de peine !
 
(Verlaine)
 
 
 
5月30日

Texte de GCM "La nuit"

La nuit

Ça commence par un moment de flottement, quand le soleil recule.

Un parfum d’hésitation qu’on appelle le crépuscule.

Les dernières heures du jour sont avalées par l’horizon.

Pour que la nuit règne sans partage, elle a gagné, elle a raison.

En fait, j’aime cet instant, je vois le changement d’atmosphère.

Et si j’y pense un peu, je me demande comment ça peut se faire.

Ce miracle quotidien, le perpétuel mystère.

Qui fait qu’en quelques secondes on passe du côté obscur de la terre.

Voici une ode pour la nuit, les nuits, les miennes, les tiennes.

Je ne sais pas comment tu les vis, moi mes nuits m’appartiennent.

Je les regarde et je les visite, c’est mon royaume, mon château.

Je les aime et c’est tant mieux parce que je n’aime pas me coucher tôt.

Je te parle pas des nuits parisiennes, des lumières et des décibels.

Je préfère celles du silence et de la pénombre qu’est si belle.

Je te parle pas des nuits en boîte, celles des branleurs et celles des poufs.

Je préfère les trottoirs vides, quand la ville reprend son souffle.

Comment exprimer ce que la nuit m’inspire.

Ce qu’elle nous suggère et ce qu’elle respire

Ce moment d’obscurité qui met en lumière nos fissures

L’ambiguïté en manteau noir, la nuit fait peur, la nuit rassure.

En tout cas ce qui est sûr, c’est qu’elle influence nos cerveaux

Prends pas de grandes décisions la nuit, tu sais jamais ce que ça vaut.

Pourtant, elle peut être parfois un moment d’extrême lucidité.

Et c’est souvent la nuit que tu crois détenir la vérité.

Chaque nuit la suspicion fête son anniversaire.

Dans ta nuit, la journée qui vient de finir se reflète.

Tu fais ton petit bilan, journée de galère ou jour de fête.

Si t’as peur du lendemain tu penses aux proverbes un peu balourds.

« La nuit porte conseil » ou bien  « demain il fera jour »

Voici une ode pour la nuit, douce nuit d’été ou longue nuit d’hiver.

Nuit calme et reposée ou nuit trop riche en faits divers.

Nuit blanche lors d’une nuit noire ou même la lune s’est dérobée.

Je te propose juste quelques photos de notre monde face B.

Voici une ode pour la nuit qui nous a vu remplir tellement de pages.

Qu’à cet instant je la fixe sur ma feuille comme un hommage
Elle offre aux poètes tellement d’heures sans bruit
Qu’à ce qui paraît la nuit tous les stylos sont pris.

5月26日

Texte de GCM "j'ai pas les mots"

 
" Il est de ces évènements qui sortent tout le reste de nos pensées.
Certaines circonstances qui nous stoppent net dans notre lancée.
Il est de ces réalités qu'on n'était pas prêts à recevoir.
Et qui rendent toute tentative de bien être illusoire.
J'ai pas les mots pour exprimer la puissance de la douleur.
J'ai lu au fond de tes yeux ce que signifiait le mot malheur.
C'est un souvenir glacial comme ce soir de décembre.
Où tes espoirs brûlants ont laissé place à des cendres.
J'ai pas trouvé les mots pour expliquer l'inexplicable.
J'ai pas trouvé les mots pour consoler l'inconsolable.
Je n'ai trouvé que ma main pour poser sur ton épaule
Attendant que les lendemains se dépêchent de jouer leur rôle.
J'ai pas les phrases miracles qui pourraient soulager ta peine
Aucune formule magique, parmi ces mots qui saignent.
Je n'ai trouvé que ma présence pour t'aider à souffrir.
Et constater dans ce silence que ta tristesse m'a fait grandir.
J'ai pas trouvé le remède pour réparer un coeur brisé.
Il faudra tellement de temps avant qu'il puisse cicatriser.
Avoir vécu avec elle, et apprendre à survivre sans
Elle avait écrit quelque part que tu verserais des larmes de sang.
Tu as su rester debout et je t'admire de ton courage.
Tu avances la tête haute et tu traverses cet orage.
A coté de ton épreuve tout me semble dérisoire.
Tout comme ces mots qui pleuvent que j'écris sans espoir.
Pourtant les saisons s'enchaîneront, saluant ta patience.
En ta force et ton envie j'ai une totale confiance.
Tu ne seras plus jamais le même mais dans le ciel, dès demain.
Son étoile t'éclairera pour te montrer le chemin."
 
4月1日

Grand corps malade

Rencontres

 

C'était sur une grande route, j'marchais là d'puis des jours
Voire des s'maines ou des mois, j'marchais là d'puis toujours
Une route pleine de virages, des trajectoires qui dévient
Un ch'min un peu bizarre, un peu tordu comme la vie
Evidemment j'étais pas tout seul, j'avais envie d'faire connaissance
Y'avait un tas d'personnes et personne marchait dans l'même sens
Alors j'continuais tout droit mais un doute s'est installé
Je savais pas c'que j'foutais là, encore moins où j'devais aller
Mais en ch'min au fil du temps j'ai fait des sacrées rencontres
Des trucs impressionants, faut absolument qu'j'vous raconte
Ces personnages que j'ai croisé c'est pas vraiment des êtres humains
Tu peux parler avec eux mais jamais leur serrer la main
Tout d'abord sur mon parcours j'ai rencontré l'innocence
Un être doux, très gentil mais qui manque un peu d'expérience
On a marché un p'tit moment, moins longtemps que c'que j'aurais cru
J'ai rencontré d'autres éléments et l'innocence a disparue
Un moment sur mon ch'min, j'ai rencontré le sport
Un mec physique, un peu grande gueule mais auprès d'qui tu d'viens fort
Pour des raisons techniques on a du s'quitter c'était dur
Mais finalement c'est bien comme ça, puis l'sport ça donne des courbatures
J'ai rencontré la poésie, elle avait un air bien prétentieux
Elle prétendait qu'avec les mots on pouvait traverser les cieux
J'lui ai dit j't'ai d'jà croisée et franchement tu vaux pas l'coup
On m'a parlé d'toi à l'école et t'avais l'air vraiment relou
Mais la poésie a insisté et m'a rattrapé sous d'autres formes
J'ai compris qu'elle était cool et qu'on pouvait braver ses normes
J'lui ai d'mandé tu penses qu'on peux vivre ensemble ? J'crois qu'j'suis accroc
Elle m'a dit t'inquiêtes le monde appartient à ceux qui rêvent trop
Puis j'ai rencontré la détresse et franchement elle m'a saoulé
On a discuté vite fait mais rapidement je l'ai r'foulée
Elle a plein d'certitudes sous ses grands airs plein d'tension
Mais vous savez quoi ? La détresse, elle a pas d'conversations
Un moment sur ma route j'ai rencontré l'amour
J'lui ai dit tient tu tombes bien, j'veux t'parler d'puis toujours
Dans l'absolu t'es une bonne idée mais dans les faits c'est un peu nul
Tu pars en couille une fois sur deux faudrait qu'tu r'travaille ta formule
L'amour m'a dit écoute petit ça fait des siècles que j'fais mon taff
Alors tu m'parles sur un autre ton si tu veux pas t'manger des baffes
Moi j'veux bien être gentille mais faut qu'chacun y mette du sien
Les humains n'font aucun effort et moi j'suis pas un magicien
On s'est embrouillé un p'tit moment et c'est là qu'j'me suis rendu compte
Que l'amour était sympa mais que quand même il s'la raconte
Puis il m'a dit qu'il d'vait partir, il avait des rendez-vous par centaine
Que ce soir il d'vait diner chez sa d'mi-soeur : la haine
Avant d'partir j'ai pas bien compris, il m'a conseillé d'y croire toujours
Puis s'est éloigné sans s'retourner, c'était mes derniers mots d'amour
J'suis content d'l'avoir connu, ça j'l'ai bien réalisé
Et je sais qu'un d'ces quatre on s'ra amené à s'recroiser
Un peu plu stard sur mon ch'min j'ai rencontré la tendresse
Ce qui reste de l'amour derrière les barrières que le temps dresse
Un peu plus tard sur mon ch'min j'ai rencontré la nostalgie
La fiancée des bons souvenirs qu'on éclaire à la bougie
Assez tôt sur mon parcours j'avais rencontré l'amitié
Et jusqu'à c'jour, elle marche toujours à mes côtés
Avec elle j'ma tape des barres et on connait pas la routine
Maintenant c'est sûr, l'amitié, c'est vraiment ma meilleure copine
J'ai rencontré l'avenir mais il est resté très mystérieux
Il avait la voix déformée et un masque sur les yeux
Pas moyen d'mieux l'connaitre, il m'a laissé aucune piste
Je sais pas à quoi il r'semble mais au moins j'sais qu'il existe
J'ai rencontré quelques peines, j'ai rencontré beaucoup d'joie
C'est parfois une question d'chance, souvent une histoire de choix
J'suis pas au bout d'mes surprises, là d'sus y'a aucun doute
Et tous les jours je continue d'apprendre les codes de ma route

C'était sur une grande route, j'marchais là d'puis des jours
Voire des s'maines ou des mois, j'marchais là d'puis toujours
Une route pleine de virage, des trajectoires qui dévient
Un ch'min un peu bizarre, un peu tordu, un peu comme la vie.